Mimi Haddam, Marie Darsigny, Marie-Hélène Racine, Sarah Walou, Nana Quinn, Nelly Desmarais, Maxime Brillon, Tina Charlebois, Sayaka Araniva-Yanez, Laurence Gagné
Marigold Santos
Lisuo (里所) par Teng-Fei Yu
Monique Deland, Karianne Trudeau Beaunoyer
Pascale Bérubé
Des œufs, de la farine, du sucre, du lait, des arômes. On mélange. On fait cuire. Du beurre, du sucre, des arômes. On mélange. On étend. On en met plus. On en rajoute encore. Du beurre, du sucre, des arômes. On mélange. On étend. Davantage. Toujours plus. Une montagne de crémage. Ça dégouline : tant mieux.
On lèche la cuillère. On en a partout sur le visage, partout sur les doigts. On lèche. On lèche. Ça coule jusque sur les coudes. On lèche. Sur les pantalons, on lèche. Sur la table, on lèche. Puis on fait le ménage. Comme si de rien n’était.
Il y a plus de crémage que de pâte. C’est satisfaisant, sourire en coin. Le cœur était sec, granuleux, immangeable. Le dessert aurait roulé dans la bouche si on ne l’avait pas enrobé pour en cacher les imperfections. Il fallait détourner l’attention.
Beurrer épais, parce qu’on ne veut surtout pas passer dans le beurre. On veut impressionner. On craint tellement d’être né·e pour un petit pain qu’on le badigeonne autant comme autant. On enjolive. Dans l’espoir de séduire, dans le but de convaincre. Tous les artifices sont permis si on souhaite gagner la faveur de son public.
Les bougies sont allumées. Les gens chantent. On souffle : d’un coup, le feu se transforme en fumée. L’espérance se rend au ciel. Quel vœu sera exaucé ?
L’excès de sucre, c’est aussi la promesse d’un down. La texture du cœur finit par nous revenir. Le dessert laisse un arrière-goût amer. La peur de déplaire, de ne pas être assez, de s’être trompé·e. Ça se digère mal. L’anxiété à travers la gorge.
*
Le sucre est un moyen d’avaler ses émotions sans les digérer. Desfois, c’est le seul à sa disposition, alors on gobe des biscuits, des confiseries, du chocolat, de la crème glacée. Une douceur sur la langue, de l’endorphine et de la sérotonine dans le cerveau : on se détend, instantanément on se sent mieux.
La limite idéale de sucre s’élèverait à 5 % de l’apport énergétique total. Selon une étude récente, produite par l’Université de l’Alberta, seulement 6 % de la population canadienne réussirait à se tenir à un niveau aussi bas. La consommation excessive de sucre à travers tout le pays est liée à 16 maladies chroniques dont les couts en soins de santé atteignent annuellement cinq milliards de dollars. Pour résoudre ce problème de santé publique, les auteur·ices de cette étude réclament notamment une taxe sur le sucre1.
La prévention au Canada ne répond presque jamais à une vision holistique et systémique. Elle s’en tient à une logique de responsabilisation individuelle qui passe par un régime punitif.
Punir la population si ses comportements dévient d’un idéal est une solution à la fois naïve et déplorable. D’où vient cet engouement pour le sucre ? Ne devrait-on pas plutôt imposer des normes aux industries alimentaires, offrir des conditions de vie garantissant les ressources et le temps pour cuisiner, enseigner la régulation des émotions et améliorer les services en santé mentale, se demander : est-il possibleque le capitalisme carbure au sucre ?
Les gens consomment-ils autant de sucre pour atteindre le plaisir, ou cela leur permet-il d’éviter le déplaisir de leur mode d’existence ?
On est loin de l’idéal, en effet. Si le sucre est banni, verrons-nous tout ce que nous subissons sans adoucissement ? Arrêterons-nous de sugar coat le fond de notre pensée ?
*
L’hiver assèche la peau. L’été la brule. La peau a le constant besoin d’être hydratée. Elle aussi exige son crémage. Matin, midi, soir. Sinon elle craque. Ça pique, ça saigne. Ça nous réveille la nuit. Alors on hydrate bien tout le corps. On préfère garder la peau souple, lisse et intacte.
On l’enduit d’une tonne de produits. Des huiles, des toniques, despoudres. On la maquille. On lui ajoute des ombres ici, on l’éclaire là. La peau est un canevas sur lequel projeter ses masques. Parfois,on s’en tient au minimum, pour passer inaperçu·e le plus possible. D’autres fois, on met le paquet, pour rester incognito. Les deux stratégies se valent. Personne ne nous connait vraiment.
On se cache derrière ses vêtements, ou alors on se dévoile. Comment savoir ? Les vêtements peuvent être l’amorce d’une discussion, une façon d’entrer en contact, de partager une passion. Ils sont un reflet de soi et en même temps l’étendard du jugement des autres. Qui n’a pas déjà tiré des conclusions juste en voyant l’enrobage ? Il y en aque ça obsède, qui veulent séduire au premier coup d’œil. Prendre avantage des regards pour leur faire dire ce que l’on veut. Être dans la juste mesure ou la calculée démesure.
On se garnit et se dégarnit selon les circonstances. Se crémer convenablement n’est pas une donnée fixe. Mais qui en profite ?
Le crémage s’apparente aussi à ce qui recouvre le corps du fœtus. Quand il fait défaut, on dit que le placenta est un mauvais garde-manger. Les placards sont à sec. Le fœtus n’est pas suffisamment alimenté. Le corps médical insiste : il importe de ne se priver d’aucunaliment. Il faut manger quatre ou cinq fois plus qu’à son habitude. Engraisser le fœtus en doublant les quantités de beurre, sinon il naîtra trop tôt, et c’est lui qu’on gavera. La personne enceinte mange tout le long de la journée en espérant que le gâteau lève dans son ventre. On souffle sur les bougies. Quel vœu sera exaucé ?
Le contraire peut également arriver : une production insuffisante d’insuline entraine un diabète gestationnel. Chaque bouchée est surveillée. Un biscuit de trop, et c’est la mort. Le feu disparu en fumée.
Sur la balance, le corps est pesé. Est-il en surplus ou en manque ? Le dosage doit régner pour la survie du fœtus.
*
Le cent-quatre-vingt-treizième numéro d’Estuaire a pour thème le crémage. Les poètes balancent entre l’excès et l’absence. Après tout, « naître, c’est déjà disparaître », soulève Nana Quinn. C’est presque banal, rappelle Sarah Walou : « on apprend par textes variables / la mort des ami·es », même si « tout le monde préférerait ne pas / mourir ». La survie ne donne pas d’autre choix à Marie-Hélène Racine que « d’en beurrer épais » et à Nelly Desmarais d’enfiler des journées de gestion de lait : « le lait ne dort jamais / moi non plus / ça fuit encore ».
Marie Darsigny demande pour sa fête « le beurre, l’argent du beurre / et le culot » du départ et de l’apaisement. Y parviendra-t-elle ? De toute évidence, ce sont toujours les mêmes qui réclament « un p’tit plaisir » (Maxime Brillon) et l’obtiennent. Pour les autres : des miettes de vie. Sayaka Araniva-Yanez fait voir un convive affamé au milieu d’un délirant buffet royal : « le rat se meurt, avec la faim il n’a jamais vécu. » À un autre souper, la poète chinoise Lisuo, traduite en français par Teng-Fei Yu, raconte son rêve ; « pendant qu’elle parle / autour de la table les hommes / et son mari / n’arrêtent pas de manger et de boire / de boire et de manger ».
Le labeur forcé épuise. Se mettra-t-on la reine et le roi sous la dent ? Tina Charlebois le prédit : « C’est le mutisme que devraient émuler / ces politiciens qui s’engueulent sourdement / dans une cour d’incompétence placée là-haut / sur une colline qui s’effondrera bientôt ». Laurence Gagné renchérit : « La voix est découverte ».
Enlevons nos masques. Semons joyeusement le trouble. À force d’épaisseurs qui excèdent la norme se dessinera peut-être « une multitude nourricière [où] nous devenons les acolytes des fleurs, des monstres, des vagues, des ciels, des astres » (Mimi Haddam).
*
Estuaire s’est gâté en offrant de nouveau une résidence d’édition, cette fois-ci à Catherine Dupuis. Ce numéro a bénéficié de son extraordinaire intelligence et de sa sensibilité : quelle chance ! Merci, merciet encore merci.
Un vœu a été exaucé. Célébrons : Zéa Beaulieu-April devient directrice générale par intérim. Vous l’avez peut-être lue auparavant dans les pages d’Estuaire à titre de critique. Elle nous avait quitté·es pour terminer sa thèse. La revoilà sous un nouveau chapeau, elle qui aime particulièrement en porter et les multiplier. Fonceuse, créative, rassembleuse, organisée et enflammée, Zéa contribuera assurément à amener Estuaire là où elle doit se rendre : parmi vous. Elle-même poète et musicienne, elle pratiquera sa magie d’un fichier Excel à la scène d’un lancement.
*
Du côté de la critique, vous pourrez vous mettre sous la dent Une terre incertaine de Robert Dion et Les couteaux dans ma gorge ne sont pas des fruits de mer d’Annie Landreville tels que cuisinés par Monique Deland, ainsi que Lac noir de Roseline Lambert apprêté par Karianne Trudeau Beaunoyer. Cerise sur le gâteau : Pascale Bérubé poursuit son feuilleton parfaitement léché.
Bonne dévoration,
Catherine Dupuis et Stéphanie Roussel
1. Stéphanie Rousseau, « Le sucre coûte 5 milliards $ par année en soins de santé aux Canadiens », ICI Alberta, en ligne : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1869609/alberta-sucre-alimentation-sante-publique-taxe-universite
Des œufs, de la farine, du sucre, du lait, des arômes. On mélange. On fait cuire. Du beurre, du sucre, des arômes. On mélange. On étend. On en met plus. On en rajoute encore. Du beurre, du sucre, des arômes. On mélange. On étend. Davantage. Toujours plus. Une montagne de crémage. Ça dégouline : tant mieux.
On lèche la cuillère. On en a partout sur le visage, partout sur les doigts. On lèche. On lèche. Ça coule jusque sur les coudes. On lèche. Sur les pantalons, on lèche. Sur la table, on lèche. Puis on fait le ménage. Comme si de rien n’était.
Il y a plus de crémage que de pâte. C’est satisfaisant, sourire en coin. Le cœur était sec, granuleux, immangeable. Le dessert aurait roulé dans la bouche si on ne l’avait pas enrobé pour en cacher les imperfections. Il fallait détourner l’attention.
Beurrer épais, parce qu’on ne veut surtout pas passer dans le beurre. On veut impressionner. On craint tellement d’être né·e pour un petit pain qu’on le badigeonne autant comme autant. On enjolive. Dans l’espoir de séduire, dans le but de convaincre. Tous les artifices sont permis si on souhaite gagner la faveur de son public.
Les bougies sont allumées. Les gens chantent. On souffle : d’un coup, le feu se transforme en fumée. L’espérance se rend au ciel. Quel vœu sera exaucé ?
L’excès de sucre, c’est aussi la promesse d’un down. La texture du cœur finit par nous revenir. Le dessert laisse un arrière-goût amer. La peur de déplaire, de ne pas être assez, de s’être trompé·e. Ça se digère mal. L’anxiété à travers la gorge.
*
Le sucre est un moyen d’avaler ses émotions sans les digérer. Desfois, c’est le seul à sa disposition, alors on gobe des biscuits, des confiseries, du chocolat, de la crème glacée. Une douceur sur la langue, de l’endorphine et de la sérotonine dans le cerveau : on se détend, instantanément on se sent mieux.
La limite idéale de sucre s’élèverait à 5 % de l’apport énergétique total. Selon une étude récente, produite par l’Université de l’Alberta, seulement 6 % de la population canadienne réussirait à se tenir à un niveau aussi bas. La consommation excessive de sucre à travers tout le pays est liée à 16 maladies chroniques dont les couts en soins de santé atteignent annuellement cinq milliards de dollars. Pour résoudre ce problème de santé publique, les auteur·ices de cette étude réclament notamment une taxe sur le sucre1.
La prévention au Canada ne répond presque jamais à une vision holistique et systémique. Elle s’en tient à une logique de responsabilisation individuelle qui passe par un régime punitif.
Punir la population si ses comportements dévient d’un idéal est une solution à la fois naïve et déplorable. D’où vient cet engouement pour le sucre ? Ne devrait-on pas plutôt imposer des normes aux industries alimentaires, offrir des conditions de vie garantissant les ressources et le temps pour cuisiner, enseigner la régulation des émotions et améliorer les services en santé mentale, se demander : est-il possibleque le capitalisme carbure au sucre ?
Les gens consomment-ils autant de sucre pour atteindre le plaisir, ou cela leur permet-il d’éviter le déplaisir de leur mode d’existence ?
On est loin de l’idéal, en effet. Si le sucre est banni, verrons-nous tout ce que nous subissons sans adoucissement ? Arrêterons-nous de sugar coat le fond de notre pensée ?
*
L’hiver assèche la peau. L’été la brule. La peau a le constant besoin d’être hydratée. Elle aussi exige son crémage. Matin, midi, soir. Sinon elle craque. Ça pique, ça saigne. Ça nous réveille la nuit. Alors on hydrate bien tout le corps. On préfère garder la peau souple, lisse et intacte.
On l’enduit d’une tonne de produits. Des huiles, des toniques, despoudres. On la maquille. On lui ajoute des ombres ici, on l’éclaire là. La peau est un canevas sur lequel projeter ses masques. Parfois,on s’en tient au minimum, pour passer inaperçu·e le plus possible. D’autres fois, on met le paquet, pour rester incognito. Les deux stratégies se valent. Personne ne nous connait vraiment.
On se cache derrière ses vêtements, ou alors on se dévoile. Comment savoir ? Les vêtements peuvent être l’amorce d’une discussion, une façon d’entrer en contact, de partager une passion. Ils sont un reflet de soi et en même temps l’étendard du jugement des autres. Qui n’a pas déjà tiré des conclusions juste en voyant l’enrobage ? Il y en aque ça obsède, qui veulent séduire au premier coup d’œil. Prendre avantage des regards pour leur faire dire ce que l’on veut. Être dans la juste mesure ou la calculée démesure.
On se garnit et se dégarnit selon les circonstances. Se crémer convenablement n’est pas une donnée fixe. Mais qui en profite ?
Le crémage s’apparente aussi à ce qui recouvre le corps du fœtus. Quand il fait défaut, on dit que le placenta est un mauvais garde-manger. Les placards sont à sec. Le fœtus n’est pas suffisamment alimenté. Le corps médical insiste : il importe de ne se priver d’aucunaliment. Il faut manger quatre ou cinq fois plus qu’à son habitude. Engraisser le fœtus en doublant les quantités de beurre, sinon il naîtra trop tôt, et c’est lui qu’on gavera. La personne enceinte mange tout le long de la journée en espérant que le gâteau lève dans son ventre. On souffle sur les bougies. Quel vœu sera exaucé ?
Le contraire peut également arriver : une production insuffisante d’insuline entraine un diabète gestationnel. Chaque bouchée est surveillée. Un biscuit de trop, et c’est la mort. Le feu disparu en fumée.
Sur la balance, le corps est pesé. Est-il en surplus ou en manque ? Le dosage doit régner pour la survie du fœtus.
*
Le cent-quatre-vingt-treizième numéro d’Estuaire a pour thème le crémage. Les poètes balancent entre l’excès et l’absence. Après tout, « naître, c’est déjà disparaître », soulève Nana Quinn. C’est presque banal, rappelle Sarah Walou : « on apprend par textes variables / la mort des ami·es », même si « tout le monde préférerait ne pas / mourir ». La survie ne donne pas d’autre choix à Marie-Hélène Racine que « d’en beurrer épais » et à Nelly Desmarais d’enfiler des journées de gestion de lait : « le lait ne dort jamais / moi non plus / ça fuit encore ».
Marie Darsigny demande pour sa fête « le beurre, l’argent du beurre / et le culot » du départ et de l’apaisement. Y parviendra-t-elle ? De toute évidence, ce sont toujours les mêmes qui réclament « un p’tit plaisir » (Maxime Brillon) et l’obtiennent. Pour les autres : des miettes de vie. Sayaka Araniva-Yanez fait voir un convive affamé au milieu d’un délirant buffet royal : « le rat se meurt, avec la faim il n’a jamais vécu. » À un autre souper, la poète chinoise Lisuo, traduite en français par Teng-Fei Yu, raconte son rêve ; « pendant qu’elle parle / autour de la table les hommes / et son mari / n’arrêtent pas de manger et de boire / de boire et de manger ».
Le labeur forcé épuise. Se mettra-t-on la reine et le roi sous la dent ? Tina Charlebois le prédit : « C’est le mutisme que devraient émuler / ces politiciens qui s’engueulent sourdement / dans une cour d’incompétence placée là-haut / sur une colline qui s’effondrera bientôt ». Laurence Gagné renchérit : « La voix est découverte ».
Enlevons nos masques. Semons joyeusement le trouble. À force d’épaisseurs qui excèdent la norme se dessinera peut-être « une multitude nourricière [où] nous devenons les acolytes des fleurs, des monstres, des vagues, des ciels, des astres » (Mimi Haddam).
*
Estuaire s’est gâté en offrant de nouveau une résidence d’édition, cette fois-ci à Catherine Dupuis. Ce numéro a bénéficié de son extraordinaire intelligence et de sa sensibilité : quelle chance ! Merci, merciet encore merci.
Un vœu a été exaucé. Célébrons : Zéa Beaulieu-April devient directrice générale par intérim. Vous l’avez peut-être lue auparavant dans les pages d’Estuaire à titre de critique. Elle nous avait quitté·es pour terminer sa thèse. La revoilà sous un nouveau chapeau, elle qui aime particulièrement en porter et les multiplier. Fonceuse, créative, rassembleuse, organisée et enflammée, Zéa contribuera assurément à amener Estuaire là où elle doit se rendre : parmi vous. Elle-même poète et musicienne, elle pratiquera sa magie d’un fichier Excel à la scène d’un lancement.
*
Du côté de la critique, vous pourrez vous mettre sous la dent Une terre incertaine de Robert Dion et Les couteaux dans ma gorge ne sont pas des fruits de mer d’Annie Landreville tels que cuisinés par Monique Deland, ainsi que Lac noir de Roseline Lambert apprêté par Karianne Trudeau Beaunoyer. Cerise sur le gâteau : Pascale Bérubé poursuit son feuilleton parfaitement léché.
Bonne dévoration,
Catherine Dupuis et Stéphanie Roussel
1. Stéphanie Rousseau, « Le sucre coûte 5 milliards $ par année en soins de santé aux Canadiens », ICI Alberta, en ligne : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1869609/alberta-sucre-alimentation-sante-publique-taxe-universite
Marilou Craft, Catherine Dupuis, Stéphanie Roussel, Christelle Saint-Julien
Zéa Beaulieu-April
Atelier Mille Mille
Geneviève Wallen
Dominique Robert